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J6 : El Ganso - Acebo

Ce 6e jour fut très atypique. Il devait être assez tranquille avec seulement 7 km au programme. Mais voilà, les choses ne se sont pas tout à fait passées comme prévu et nous sommes passées de 7 à 24 km ! Vous vous demandez forcément ce qui nous a valu ce changement radical.


Et bien tout a commencé très tôt ce matin, lorsque la totalité de notre dortoir a décidé de se lever à 4h du matin quand de notre côté nous espérions dormir jusqu'à au moins 6 h. Visiblement, ils avaient décidé de faire une étape bien plus longue que la nôtre. Nous avons bien essayé de nous rendormir mais impossible après toute cette agitation de retrouver le sommeil. Peu de solutions s'offraient donc à nous. Soit trainer dans notre lit et s'en tenir à nos plans, doit prendre la route en même temps que tout le monde et aviser en cours de route de notre envie ou non d'aller plus loin. Vous l'aurez compris, nous avons fait le choix de partir avec tout le monde.


Nous avons donc quitté tôt El Ganso et nous n'avons pas eu d'autres choix que d'avancer rapidement car à cette heure-là, il fait encore bien froid et nos corps avaient besoin de dépenser de l'énergie pour se réchauffer.
Les 7 premiers km jusqu'à Rabanal Del Camino sont donc passés très vite et c'est assez naturellement que nous décidons de pousser jusqu'au village d'après, le jour s'étant à peine levé. Nous poursuivons donc d'un pas sur jusqu'à Foncebadon à 6 km de là. Nous avons une fois de plus la chance de voir le soleil faire son apparition.
Arrivées à Foncebadon, nous nous dirigeons vers une auberge pour y prendre 2 lits mais lorsque nous jetons un oeil sur nos téléphones, nous constatons qu'il n'était que 9 h.


Là, un nouveau dilemme. Il était encore bien tôt et le village n'étant pas très grand, nous ne savions pas s'il était plus intéressant de s'y poser pour ne rien faire de la journée et Juste se reposer ou pousser encore jusqu'au village d'après : Acebo.
Le dilemme, le voici. Acebo devait être notre parcours du lendemain et se trouvait à encore 11 km de là avec un dénivelé assez important. Pas d'autres villages qui auraient pu se trouver en cours de chemin, nous n'étions pas sûre de nous mais après plusieurs minutes de tergiversions, nous décidons de prendre notre courage à deux mains et d'y aller. Nous n'avions pas encore souffert de la chaleur, c'est sans doute ce qui nous a fait nous sentir suffisamment en forme pour aller jusqu'au bout.


Nous reprenons donc la route et attaquons ce fameux dénivelé que nous nous étions réservées pour le lendemain. Le dénivelé fait son petit effet mais nous avons enfin changé de décors et nous avançons au milieu des pins et des fougères. L'air y est très bon, le paysage vraiment beau, nous sommes enfin au coeur d'une montagne, nous sommes à l'ombre, nous ne sentons que très peu la difficulté.


Nous passons par la croix de fer. Un lieu symbolique sur notre chemin puisque c'est là que nous allons déposer les pierres que nous avons apportées avec nous depuis le début. C'est à cet endroit précis que nous déposons nos voeux, c'est un endroit chargé en émotions. Nous avons d'ailleurs eu la chance en arrivant de pouvoir assister à une messe pour pèlerins (en anglais), là au beau milieu de la nature, tous réunis avec la même envie, celle de continuer à avancer en déposant ici tout ce qui nous pèse un peu trop.


Nous nous y sommes donc arrêté assez longtemps et lorsque nous repartons, le soleil tape déjà depuis un moment, nous savons qu'il nous reste encore 2h30 de chemin et que cette partie sera un peu plus difficile. En effet, le dénivelé n'est pas tout à fait terminé et s'y est rajouté un soleil assommant.


Nous sortons progressivement des sous-bois pour retrouver des terres plus hostiles, un chemin parsemé de cailloux et de terre, il n'y a plus d'arbres pour nous protéger. Les douleurs se rajoutent progressivement. D'abord les chevilles, le dos, les reins puis la dernière heure de marche auront raison de nos jambes et de nos pieds.

 

Pour Aurore, le chemin semble tout de même être bien moins douloureux que pour moi. Pour rejoindre Acebo, nous devons redescendre l'équivalent de ce que nous sommes monté voire plus. La pente est vraiment raide et vraiment longue. Nos chevilles et genoux en souffrent de plus en plus, la fin du chemin se fera dans une souffrance certaine et le village que nous voyons enfin à l'horizon sembler ne jamais se rapprocher. Finalement, nous y serons arrivées. Nous sommes assez fières du chemin parcouru et pour nous féliciter, nous décidons de prendre une chambre double avec salle de bain.


À peine franchit le pas de notre chambre, nous faisons couler de l'eau sur nos pieds que nous avons un peu de mal à reconnaître. En quelques minutes, l'eau emporte avec elle nos douleurs, nous allons pouvoir nous octroyer un repos bien mérité.

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