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J13 : Salceda - O Pedruzo

Il nous reste environ 30 kilomètres à parcourir en 2 jours pour arriver à Santiago. Nous aurions aimé couper cette partie du chemin en son milieu mais très peu de possibilités s'offrent à nous car peu de localités se trouvent sur notre passage. Nous avons donc le choix entre faire 20 kilomètres aujourd'hui et 10 demain ou l'inverse.

 

Lorsque nous quittons notre auberge ce matin, nous partons dans l'idée de faire plutôt les 20 kilomètres aujourd'hui, ce qui nous permettrait d'arriver très tôt à Saint Jacques de Compostelle demain matin et ainsi s'offrir une place de choix dans la cathédrale de Santiago pour la célèbre messe des pèlerins.
Le soleil a refait son apparition. Nous entamons notre marche les yeux encore collés, le corps un peu engourdi. Nous ne cessons de bailler tour à tour, la bouche grande ouverte. À l'approche de notre but, il semblerait que notre corps se relâche.


Nous nous enfonçons de nouveau au coeur d'une végétation dense et avons la chance de traverser une superbe forêt d'eucalyptus. Nous aimons leurs odeurs, elle nous est familière. J'en profite pour ramasser un bout de bois qui semble m'appeler, il deviendra mon bâton de pèlerin. Je n'en ai pas ressenti l'utilité jusqu'à aujourd'hui. Mieux vaut tard que jamais !

Le chemin nous apprend beaucoup de chose sur nous même. Il nous apprend à laisser de côté l'inutile, à nous centrer sur l'essentiel. Nous voyageons avec le strict minimum et cela est bien suffisant. Avec un sac de 8 kilos, on apprend vite à se passer du superflu et pourtant aucun manque ne se fait ressentir. Lorsque l'on marche durant des heures avec aucun autre but que celui là, on réalise à combien les choses importantes se comptent sur les doigts d'une main. Finalement, tout ce qui est essentiel est contenu en nos coeurs.

Le chemin nous apprend aussi nos limites. Nous comprenons que notre corps ne se limite pas à avoir une fonction de vaisseau pour transporter notre âme. Il est capable de beaucoup donner mais également de reprendre si l'on ne prend pas soin de lui. Aujourd'hui, notre corps nous a dit STOP. Nous souhaitions faire 20 kilomètres, nous n'en ferons que 10.


Mon genoux me fait toujours mal et les pieds d'Aurore ne semblent plus pouvoir avancer. Il est temps de s'écouter et de laisser de côté notre ego. Il est bien plus sage de se reposer aujourd'hui pour être en pleine forme demain. Avec un peu des regrets mais sûrs de notre choix, nous nous arrêtons donc rapidement dans la ville d'O. Pedruzo.

 

Nous rencontrons des Français et un Canadien avec qui nous échangeons quelques mots. Ils souhaitent aller jusqu'à Compostelle dès aujourd'hui. Nous les trouvons courageux. Il est agréable de discuter avec eux, ils sont bienveillants. Nous savons qu'ils resteront plusieurs jours à Santiago, nous espérons les revoir. Il n'est même pas 10 heures et les auberges ne sont pas encore ouvertes.


À l'approche de Saint Jacques, nous savons que les places viennent à manquer et qu'il faudra être réactives.
La plupart des cafés sont encore fermés, nous en trouvons tout de même un qui s'éveille tranquillement. Les tables sont en train d'être sorties, nous tentons une approche "¿ Esta Abierto . ". Le patron nous invite à nous installer. Nous avons pas mal de temps à tuer, nous prenons un bon petit déjeuner.
Le soleil ayant de nouveau disparu, nous nous laissons même tenter par un bon chocolat chaud qui nous fait un peu retomber en enfance.


Nous passerons 2h dans ce café. Nous regardons par la fenêtre les quelques autres pèlerins à la recherche d'un endroit où passer la nuit, nous commençons à être nombreux.
Nous profitons d'une connexion Internet pour rechercher une auberge avec une cuisine à disposition. Nous en trouvons une qui ouvre à midi, il est temps pour nous de régler notre note et de nous diriger vers elle.

L'auberge est immense. Notre hôtesse nous installe dans un dortoir d'au moins 50 personnes. Jusqu'à présent nous n'avons connu que de petites auberges, c'est un petit peu le choc pour moi. Nous nous installons rapidement et profitons rapidement de la cuisine avant qu'il n'y ait trop de monde. Nous rencontrons de nouveau un français, assez âgé, il fait le chemin seul. Il nous dit sur le ton de l'humour qu'il est le seul homme qu'il arrive à supporter, cela nous fait rire. Il s'est prit une bouteille de vin rouge pour accompagner son plat de pâtes, il en faut peu pour être heureux.

Notre repas englouti, nous pouvons entamer une bonne sieste. Celle-ci sera malheureusement interrompue par un groupe de français (oui il y en a beaucoup sur cette étape). Une dizaine de personnes assez peu respectueuses des autres pèlerins fatigués. Après un recadrage par Aurore, ils baissent la enfin la voix.
Nous n'arriveront pas à nous rendormir et préférons nous poser sur la terrasse avec un petit café. J'en profites pour prendre mon couteau et faire à mon image mon nouveau bâton de pélerin.

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